Novembre 2004
- 2 Novembre 2004 à 13h03
- J'étais ici à lire. Puis j'ai entendu un bruit de klaxon dans la rue. Inlassable. Je me suis penchée à la fenêtre. C'était maman. Dans sa main, s'agitait un bout de papier blanc, une enveloppe, sa lettre. J'ai sauté hors de mes pantoufles rose bonbon pour ne pas tomber, dévalé les marches de l'escalier, ouvert la porte, marché dans les feuilles ocres qui jonchent mon trottoir et couru sur la route humide. Maman m'a tendu le courrier tant attendu et m'a dit que j'étais cinglée. Un peu, oui, sûrement. Suis (...)
- 2 Novembre 2004 à 13h57
- Nous étions en pleine mini-dispute dans ma chambre avec maman lorsque Méli nous a interrompues. Mon père au téléphone :
"- Allô?
- Oui ma grande c'est moi. Alors il est là Axel?
- Oui.
- Aah. Vous faites quoi de bon?
- Il est en train de manger. (J'étouffe une envie de rire)
- Oh vous mangez! Je vais vous laisser alors, je rappellerai tout à l'heure.
- D'accord. Bisous."
On rit toutes les trois aux éclats... (...)
- 4 Novembre 2004 à 22h27
- Suis allée voir une expo de Dali aujourd'hui. Ressortie plein d'étoiles dans les yeux. Mais organisée comme je suis, ce sont les photos des tableaux de l'exposition d'un membre de ma famille (et là, je dis "ouf") qui suivent...
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Ce sont des petits coins de paradis près de chez moi. (...)
- 6 Novembre 2004 à 21h22
- Immobile, elle restait appuyée contre la porte. Elle s'était ornée de pétales écarlates, de margueroses et de boucles anglaises qui dessinaient des mots. L'heure tournicotait dans le petit cadre rond. Neuf heures et des poussières, elle fût passée. Une esquisse de danse, des froissements plus tard, il y eu de l'agitation. Le début du bal avait déjà sonné depuis quinze minutes quand ralentit enfin devant la porte, la voiture du père. Elle pensait à ces robes plus belles, plus chères, plus (...)
- 6 Novembre 2004 à 23h40
- Une éternelle petite fille que l'on taquine, c'est le cliché qui tombe dans leur mains lorsqu'ils me croisent. Les jours ont beau changer, passer, c'est toujours ce visage de gamine de 14 ans et des miettes qui apparaît sur la photographie en noir et blanc (et ne parlons pas de celui qui se reflète au fond d'eux...). Peut-être était-ce différent l'année passée? Une sorte de pause, d'interlude dans mon enfance. Je ne sais pas. Toujours est-il que ce moment est révolu. C'est sûrement bien, oui. Après tout, c'est (...)
- 7 Novembre 2004 à 22h12
- Matthieu avait disparu. Ou je l'avais fait disparaître, je ne sais plus. Délaissé, oublié, éclipsé, effacé, gommé, ensevelit, expédié à un milliard de kilomètres de mes pensées. En Californie plus précisément. Puis, aujourd'hui, il a ressurgit, comme ça. Sympa. Et comme j'en avais marre d'entretenir toute cette rancoeur à son égard, j'ai été correcte aussi. On a eu une conversation normale. Du soucis, de l'intérêt pour l'autre; des (...)
- 8 Novembre 2004 à 17h56
- ... Hier, il y a six mois.
Mais c'est si loin... (...)
- 9 Novembre 2004 à 19h47
- Il sera bientôt 20 heures. Elle devrait être rentrée depuis deux heures. Son absence nous laisse frissonner Méli et moi. Où es-tu donc maman?? (...)
- 9 Novembre 2004 à 23h14
- Nous étions sur la route, mon père et moi. D'habitude, on reste silencieux. Je n'aime pas forcément parler... Et avec lui, ça me saoule au plus haut point. Mais bon voilà, Axel était soit disant venu, alors je devais raconter ce qu'il s'était passé durant son court séjour. Je me suis raclée la gorge, remémorée le début de mes vacances et concentrée sur mon histoire pour ne pas perdre mon sérieux.
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Lundi, (...)
- 9 Novembre 2004 à 23h26
- C'est une simple réunion imprévue qui a retardé maman... On a été soulagées quand même. ;-) (...)
- 11 Novembre 2004 à 19h22
- Mon bonheur est resté dans les prés.
Quelques lambeaux accrochés aux fils barbelés et c'est moi qui reste attachée à lui.
Après tout ce temps, il y a encore des matins où c'est son souvenir qui m'éveille. Je sais pourtant que les bribes qu'il me reste de lui, je les ai idéalisées outrageusement, mais c'est tellement plus facile de regarder en arrière plutôt que d'imaginer le futur. Parce qu'il m'inquiète un peu ce futur. Parfois l'impression qu'il ne vient pas vraiment, juste le leurre des (...)
- 13 Novembre 2004 à 16h40
- Vendredi, une heure du matin, je suis sous la douche. Je peste un peu contre moi-même de ne pas avoir trouvé l'inspiration pour ma dissertation. Puis, entre les ricochets que font les gouttes contre la vitre, se faufilent les notes pures et grave de Song 1. Dès lors, les idées ont fusées, limpides comme l'eau qui s'écoulait sur moi. Je me suis empressé de m'essuyer et je me suis posée sur mon lit. Pas le temps de mordiller mon stylo, tout s'est écrit d'un coup. Si vite que j'ai un peu peur d'être hors du sujet "Ce qui (...)
- 13 Novembre 2004 à 18h27
- Tu marchais dans la pénombre lorsque tu as buté contre une table. Un objet métallique s'est renversé. Tu l'as cherché à tâtons. C'était un chandelier. La bougie qui trônait dessus était presque consumée, signe que d'autres étaient déjà passé par ici avant toi. Tu le pris dans ta main. Ton geste bouscula quelque chose. Tu reconnus le son des allumettes qui s'entrechoquent. Tu en gratta une et approcha le feu de la bougie. La mèche s'embrasa propageant une timide lumière dans la (...)
- 14 Novembre 2004 à 17h42
- Pièce sous vide, de chaleur. La musique de Requiem For A Dream emplit ma petite sphère tandis que mes doigts congelés frappent le clavier. Il y a 1984 de George Owell qui patiente sur mon bureau, le collier péruvien que m'a offert Antoine en guise de garde page. Les perles turquoises indiquent qu'il ne me reste "que" 400 pages à lire, pour mardi. Je ne devrais pas être ici dans une telle situation mais bon...
Je suis rentrée depuis quelques temps de chez Bonbonlillion. La soirée de hier était assez chouette. (...)
- 15 Novembre 2004 à 20h39
- Un rien m'irrite, un tout m'attriste. Des mots de l'autre côté du fil qui me font de la peine. J'en aurais rit en temps ordinaire. Pas hier. Ce ne sont pas les mots taquins en question, c'est n'est pas lui. C'est un tout. Ils appellent ça "la déprime de l'hivers". Je n'aime pas me ranger dans ces conclusions hasardeuses. C'est juste le froid, et moi qui n'ai pas de coupe vent. Alors c'est lui qui me coupe un peu le souffle. Des soubresauts, des sanglots étouffés parce que je trouve ça tellement stupide de pleurer sans raison. (...)
- 15 Novembre 2004 à 23h54
- Moi : Dis chou, quand est-ce qu'on se voit?
Ben : Vite ! (...)
- 16 Novembre 2004 à 19h37
-
Des mots.
Des mots des grands mots des tous beaux
Qui vous vont frissonner et qui font craquer la peau
Des mots pour calmer l'âme des pauvres
Pour piquer aux yeux de petits amoureux
Des mots encore et puis toujours
Heureux ou bien saignant ca dépend du discours
Qui crache à leur foi jusqu'en pleine figure
Pour ne dire rien d'autre que mensonges de plus
Si j'avais su
Si j'avais su
Des mots dans les bouches les couloirs du métro
Des mots tout chauds de ce qu'on vient nous inventer
Et qu'il va nous en cuire
Qui va nous arriver
Qui raconterons comment on s'est qu'on (...)
- 17 Novembre 2004 à 18h52
- Une jolie boite en bois repose sur mon bureau. Les lettres d'or couchées dessus annoncent disrètement quel en est le contenu. Les deux petits clapets desserrés, l'arc en ciel déborde de couleurs : blanc, jaune clair, jaune, jaune orangé, orange, rouge, bordeaux, rose pâle, rose, fushia, parme, violet, bleu ciel, bleu indigo, bleu marine, bleu foncé, turquoise, vert foncé, vert prairie, vert pomme, vert clair, kaki, beige, camel, brique, saumon, brun rouille, brun foncé, gris, noir...
A côté de l'écrin aux (...)
- 19 Novembre 2004 à 22h26
- Des petits cristaux de glace dégringolent des nuages, les premiers flocons de neige de cet automne. Sitôt tombés, sitôt évaporés, entraînant dans leur chute le vent gelé. Près du radiateur, je hausse les épaules. J'attends impatiemment la fin des cours. Trois. Deux. Un. Driiing. Je prends mes affaires et mon courage à deux mains.
"- Excusez-moi madame, je pourrais vous parler à propos de la fancy-fair?
- Oui, oui, bien sûr.
- Ben en fait, j'aimerais vraiment y participer parce que le thème me (...)
- 20 Novembre 2004 à 21h20
- La boucle de la chanson quatre se boucle. En rond, rond, rond tourbillon. Ca me tourne la tête, ce petit verre posé sur le pavé. Un peu d'alcool pour cette soirée seule. Trois spéculos, une poire et un morceau de tarte au riz dans le ventre depuis ce matin. Une gorgée. Et les nuages qui pleurent dehors. Dans le froid, pas d'écharpe pour les emmitoufler, que la Lune pour les consoler et le vent pour les chasser. Mais où partent-ils donc? Se posent-ils la question? Etre un nuage, ça doit être plaisant. Faire la pluie et le beau (...)
- 22 Novembre 2004 à 19h38
- Des chiffres. Ce ne sont que des chiffres. Sept. Huit. Cinq. De stupides chiffres sans importance. Inscrits sur n'importe quel tableau, ils seraient déjà effacés demain. Sept. Huit. Cinq. Pas sur le mien. Visite médicale ce matin. La hantise de l'année précédente revient au galop. Pourquoi j'ai doublé? Pourquoi j'ai doublé?? Si j'avais été un peu moins conne, je n'aurais plus jamais été dans l'obligation de refaire ce stupide test de vue, de monter sur cette satanée balance, de vérifier (...)
- 23 Novembre 2004 à 18h23
- Au travers de la vitre de la voiture, dans l'encre du ciel déjà sombre à 18 heures, se prélasse un petit nuage. Le vent a découpé en son centre, un coeur. Pas de doute possible. Souvent, allongée dans l'herbe, je joue à deviner la forme de ces ouates célestes. Là, c'est une évidence. Le coeur saute au yeux. Puis le vent a souffler plus fort. Le coeur bleu marine s'en est allé un peu plus loin. Je voudrais bien qu'il surplombe le toit des personnes que j'aime de L. jusque T. en passant par N. .. (...)
- 24 Novembre 2004 à 22h43
- La Lune et le Soleil se partageaient le bleu clair du ciel. Toujours les mains gelées de l'escapade de cette après-midi avec Ingrid. Nous avons marché au dessus de la ville, entravers les rues et les boutiques pour nous créer un petit bourgeon d'espoir en vue des auditions. Commandé l'album éponyme de Dolly pour mardi, parce qu'évidemment, ils les ont tous sauf le bon... Passées à la Fnac afin d'acheter notre billet pour le concert de Daau de demain soir. (Celui de Saez est déjà complet, 6 mois à l'avance, (...)
- 27 Novembre 2004 à 20h29
- Jeudi soir.
Si le vent nous glace le dos, si le silence nous pèse, si les gens nous observent de leur regard noir, si la pénombre se fait inquiétante, ce n'est que pour apprécier plus amplement la chaleur de la salle de concert, la jovialité des personnes présentes à l'intérieur, les couleurs des lumières, le son de We Are Not Flower et surtout, de Daau.
En première partie, We Are Not Flower donc. Un duo. Un homme, une femme. Une guitare, un saxophone. Une pièce de batterie, un tambour. Des mains, des sifflotement. (...)
- 27 Novembre 2004 à 23h33
- Le coeur noir tourné vers l'astre du jour, la robe jaune qui s'y assorti, tournesol tantôt plongé dans l'océan des yeux de l'un, tantôt cachant le sexe de l'autre. Sa peau nue, aux saveurs caramélisées, immortalisée sur un virtuel papier photo. Un sourire devant ce cliché dilué d'innocence. L'envie de lui qui revient. Un nouveau peut-être. "Mon ange, moi et les fleurs", une photo qu'il manque dans notre album. Alors pendant les délibérations des examens, peut-être. Mais je n'ose pas y (...)
- 27 Novembre 2004 à 23h51
- Passé outre la soirée d'hier. Pas grand chose à dire. De seize à vingt heures, tout était parfait. Passé des très jolis instants avec Ingrid, Emeraude, Jey et Ben. Puis engueulade avec mon père. Plus pleuré autant depuis un bail. Il dit que je suis stupide, que j'arriverai à rien dans la vie, que je suis trop conne, irresponsable, que je sors trop, ne m'organise pas bien, que je suis une faible et que je ne serai jamais quelqu'un. Besoin de parler, de me réfugier dans la voix d'un ami. Pas de numéro avec moi. (...)
- 28 Novembre 2004 à 17h38
- Une nuit trop courte abrégée par sa voix, un réveil tout en douceur, des sourires dès le midi...
Puis Rimbaud après sur fond de My godness ! Poetry de Daau. Les mains tachées de couleur, je tente de déclamer, lors des interludes de la musique, les quatre strophes des Voyelles. Une ronde de piqués et de déboulés autour du chevalet. La toile sur laquelle se dessine lettre après lettre, mot après mot le corps d'une femme. D'abord les voyelle, ensuite les contours. A, le sexe. E, les seins. I, la bouche. U, (...)
- 29 Novembre 2004 à 18h24
- Un bar, du bruit, de l'agitation, les amis, l'alcool, de la musique, des rires, le comptoir éclaboussé, le clin d'oeil du serveur à la jeune fille bouclée, une bière renversée, des bouteilles vides, les cheveux dans les yeux, des sourires plic-ploc, un cadre au mur, et.
Sa main dans la mienne, ma tête sur son épaule. Simplicité. Un bout de tendresse, un morceau de nous. Parce que même si l'amour mue, il reste, toujours. Parce que si nous sommes parfois amené à être éloignés, Ben et moi ne (...)
- 29 Novembre 2004 à 18h36
- "Dans les brumes épaisses du crépuscule,
Se découpe une frêle silhouette.
Au son absent des chouettes qui hululent,
Elle danse sur les toits de la ville muette.
Des couleurs titubantes au coeur de ses yeux
Et des flocons de nuages sous ses pieds.
Une envie de chanter, mal, pour que des cieux
Dégringole la pluie. - La fée vert dort sur le pavé."
...
Obéir aux consignes. Ecrire sur le thème du voyage. Ivresse. Deux quatrains maximum, deux métaphores inédites (hum... entre "le coeur de ses yeux" qui (...)
- 29 Novembre 2004 à 22h41
- La mèche blonde devant l'oeil droit, de noir vêtu, on sent l'influence de Nicolas Sirkis sur ce garçon. Coïncidence, il porte le même prénom. Dès ma rentrée, il s'est montré très gentil avec moi, avec tout le monde. Depuis, 3 mois se sont écoulés, la mèche à été coupée, laissant intact son admiration pour Indochine et son éternel sourire.
Pour Noël, nous avons tiré au sort les "cacahuètes". L'échange de cadeaux aura lieu le 22 (...)
- 30 Novembre 2004 à 18h56
- Une seconde plus rapide, je me glisse dans la file qui mène à la caisse. Derrière des vieux. Qui râlent. "Ca c'est s'imposer, gnagnagna, on grogne parce qu'on est cons, gnagnagna.". Je n'en crois pas mes oreilles, je n'ai qu'un disque à pointer, je dois aller vite pour rentrer étudier et ces vieux croûtons commencent ronchonner. Méli m'appelle parce qu'il y a place dans une autre queue. Je la rejoints. Et j'engueule ce connard de couple. "Contents? Non mais vous avez quels âges??"
Pfff y'a des gens à qui je (...)
- 30 Novembre 2004 à 19h52
- Des frissons le long de ma peau, des milliers de flammes microscopiques qui vacillent. Scala. Depuis hier. Pendant l'étude. Parce que mes journées ne rimeront plus à grand chose d'autre en ce début de mois de décembre. Les examens débutent le 9, s'en prendre en compte les hors-session. Quelques appréhensions, puis un horaire de merde. Mais je peux y arriver. Vendredi, j'ai reçu ma dissert de français. Celle qui avait fleuri d'une graine magique, d'un coup, sans bourgeon à 1 heure du matin le jour même. Résultat (...)
