Décembre 2004
- 5 Décembre 2004 à 17h50
- Des paillettes, des mirages étoilés.
Les auditions, d'abord. La cage d'escalier déguisée en loge et le préau en salle de répétition. Les chaussons glissent sur le sol sale, les voix résonnent entre les murs, les pastels barbouillent les mains et les visages. Puis le stress monte. C'est à Bonbonlillion, Ingrid et moi de passer devant le jury. Deux mots d'explication et Ingrid entre en titubant sur la "scène". Elle incarne un homme ivre qui se prend pour un chevalet. Puis Bonbonlillion et moi suivons. La musique (...)
- 7 Décembre 2004 à 18h37
- Bruine de farine, furtive, dans les airs.
Et des petits chocs sur le sol. PlOc pLoC.
Les petites perles de bois roulent par terre
Je cours après, les cherche des yeux, les autres s'en moque...
Moi pas. La chute d'une étoile, cette étoile
N'est pas rien. Ca leur est peut-être égal...
Quoi de plus normal. Mais moi je sais quel secret
Elle protége de ses pétales. Un bout de Passé,
Un reste de tendresse, des ruines d'un amour.
Usé. Qui fait pLoC PlOc sur le sol de la cour. (...)
- 8 Décembre 2004 à 16h54
- Encore des grains de sommeil sous la peau. On appelle ça l'engourdissement. Sieste de 13h30 à 16h30. Je sais, ce n'est pas raisonnable de dormir autant avec tout ce travail qui m'attend mais sans un peu de repos, je n'aurais jamais pu retenir le moindre mot.
Il faisait beau dans mon rêve : un mois de mars et une trentaine de degrés. Toujours à l'école, même classe qu'Ingrid. Et des courses folles dans le village citadinisé. De la circulation, des feux rouges, oranges, verts, des petits bouts de choux aux cheveux bouclés, puis notre (...)
- 9 Décembre 2004 à 13h04
- Point final. Ma chaise grince. Je rends ma copie d'examen au prof. Réussi. D'un côté, ce n'était que religion... Puis tout le monde en bas. Même questions, même réponses. "Ca a été?" "Oui, oui. Et toi?" "Moi aussi !" Unanimité.
Puis le vent qui nous gèle la peau. Les gants de Bonbonlillion au bout des doigts. Ca ne réchauffe pas tant que ça. On fait quelques courses. Les magasins vides. Mais il y règne une chaleur réconfortante alors on y traîne avant (...)
- 9 Décembre 2004 à 14h20
- Il y a quelques jours, sur une feuille froissée :
"Mes mots comme mes larmes mouillent le papier
Et le maître renard sur son arbre perché
S'en fout de me voir en faire tout un fromage
En enterrant ma peine au fond de cette page
Les maux comme des armes brouillent mes idées
Et le maître renard sur ma peine a craché
D'affreux fantômes s'animent dans mon esprit
Tracés par l'encre bleue de mes yeux écoulée
Tous ils me hantent me glacent me terrifient
Et le sombre renard déjà s'est envolé
Pour me consoler (...)
- 9 Décembre 2004 à 20h25
- 1 - Vis pour te reposer.
2 - Aime ton lit, c'est ton temple.
3 - Si quelqu'un vient te voir pour se reposer, aide-le.
4 - Repose-toi le jour pour pouvoir dormir la nuit.
5 - Le travail est sacré, ne le touche pas.
6 - Ne fais jamais demain ce que tu peux faire après-demain.
7 - Travaille le moins possible. Ce qui doit être fait, laisse les autres le faire.
8 - Du calme, personne n'est mort en se reposant, mais tu peux te blesser en travaillant...
9 - Quand tu ressens le désir de travailler, assieds-toi et attends que cela passe.
10 - N'oublie pas, le travail c'est (...)
- 11 Décembre 2004 à 23h42
- "- T'imagines comme ça sera dur de refermer notre parenthèse si on a déjà du mal à raccrocher?
- Mais on ne la refermera pas pour toujours...
- Oui mais quand même...
- A quoi crois-tu que ça est du?
- Aucune, idée, j'en sais rien, je sais pas...
- Toi non plus tu sais pas? Ou tu veux pas le dire?
- Je veux pas le dire.
- Ca commence par quoi?
- A...
- M...
- O...
- U...
- R..."
...
Une tendresse vertigineuse, une pointe d'appréhension, et sa voix tout de suite rassurante, une envie de redécouvrir la ville dans ses (...)
- 14 Décembre 2004 à 17h28
- Adossé au mur du couloir, j'attendais mon tour en compagnie de Nicolas. Ballerines de cuir, pantalon noir d'Ingrid, chemise déboutonnée de 3 et veste de velours... Plus sobre que l'année passée. Moins de couleurs, moins de papillons dans les cheveux, mais pas moins de tissus pour la cause... Je plaisante à chaque fois sur le sujet mais je me vois mal débarquer comme Catherine l'année passée en mini-jupe-cuissardes...
Avant donc, de passer mon oral d'allemand avec Monsieur Livrogne-Obsédé, petite montée de (...)
- 15 Décembre 2004 à 14h48
- Les chiffres rouges du réveil agresse la pénombre. Il est 4h30 du matin. Et je n'ai pas encore fermer l'oeil. Je ne peux pas, je ne dois pas. Mes yeux brûlent de fatigue... Quel comble, c'est justement pour "La Maison Du Sommeil" que je reste en éveil. Je lis depuis tellement longtemps que parfois, je vois des ombres se détacher de l'obscurité et les lettres semblent fondre sous mon regard. Elles ruissellent, comme redevenue à l'état d'encre liquide, sur les pages du bouquin entr'ouvert. J'ai du tout recommencer depuis le (...)
- 17 Décembre 2004 à 23h32
- Anna, Ingrid, Hélène et moi longeant les maisons de la rue de l'Autre Ecole. Les talons qui claquent sur les pavés. Et la sauce tomate qui barbouille leurs bouches. Je joue les porteurs puisque j'ai pu manger juste avant mon oral d'anglais. Je crois bien avoir réussi.
Il commence à pleuviner doucement, nous rentrons à l'Elfe pour nous libérer du stress de cette semaine. Elles me regardent avec de grands yeux lorsque je commande un liégeois au lieu du verre d'alcool habituel... Faut dire que j'ai pas trop envie d'être dans le (...)
- 23 Décembre 2004 à 21h19
- La pluie dans les ruelles, le parapluie qui se referme tout seul, les flaques d'eau devant le teinturier, la plaine de jeux inondée, le cirque qui attend notre postulation pour l'année prochaine, les cafés, les tours de magie, ses dessins, l'écharpe pour deux, l'ennui, l'absence de bisou sur la bouche, mais la tendresse, la soirée rhéto pourrie avec lui Anna et Hélène, les dindons, les play-boys, la fatigue, les câlins du soir, les étreintes du matin, les photos, le lit dont on ne peut se séparer, les pétales (...)
- 23 Décembre 2004 à 23h37
- Petit résumé...
Lundi emprunt de nostalgie. Apres les trois derniers examens de la session, petite bouffe en rue avec Anna et Ingrid. Puis la Fnac. Trop influençable, j'achète un peu à contre coeur la place pour le concert de Calogero même si je suis pas fan, même si c'est à Forest National, même si il y a de fortes chances que je fasse une crise de tétanie. Puis on s'installe au Maui. Un Kama-Sutra plus tard, nous rejoignions les autres au Café-Sans-Nom pour l'anniversaire de Jey. J'ai vu l'état de mon compte en (...)
- 24 Décembre 2004 à 15h38
- Après le rangement semestriel des locaux, nous avons échangé nos cadeaux avec notre cacahuète. Préféré le faire aujourd'hui plutôt que mardi, lors de la sortie de classe. On a jugé que Eternal Sunshine Of The Spotless Mind et le resto nous occuperaient assez. Nina m'avait tiré au sort mais puisqu'elle n'était pas là, c'est Marianne qui m'offert un collier. C'est pas trop mon style mais bon, c'est l'intention qui compte. Puis ce fut à mon tour de donner son présent à Nicolas. Je me suis (...)
- 25 Décembre 2004 à 13h04
- Envie de rester ici, hier soir. Ne rien faire, juste observer le ciel immaculé, ne pas chercher la Lune parce que je sais qu'elle n'est pas là. Chaque 24 décembre, c'est pareil : les même lumières criardes qui étouffent les maisons, les même vieillards joufflus suspendus aux fenêtres, les même sapins surchargés de couleurs, la même nervosité, les même semelles qui traînent sur le sol et rechignent à se montrer hypocrites, les même repas où l'on fait semblant d'être une (...)
- 25 Décembre 2004 à 16h57
- Et le compte à rebours touche à sa fin...
Un mélange d'impatience, de peur, d'excitation, d'appréhension. Le coeur qui se noue, bat la chamade, s'étrangle et martèle ma poitrine de plus belle.
Des mois à attendre, un millier de kilomètres à parcourir, et maintenant que l'on se trouve sur le seuil de son arrivée, envie de quelques jours supplémentaires pour ouvrir cette porte, mon coeur et tout le reste.
C'est absurde, je sais mais j'ai vraiment la trouille : de le décevoir, de ne pas être capable de (...)
- 25 Décembre 2004 à 17h27
- C'est une chanson de rien du tout
Qui vaut même pas 3 francs 6 sous
Même pas la moitié d'un euro
C'est vous dire si elle vaut le coût
C'est une chanson qui nous ressemble
Elle est née le 24 décembre
A 23 heures et des poussières
J'étais un petit peu en colère
J'aurais pu la jeter dans le ruisseau
Ou la siffler rien que pour les oiseaux
Mais le ruisseau était gelé
Et les oiseaux s'étaient taillés
C'est une chanson de rien du tout
Qui vaut même pas 3 francs 6 sous
Composée sur un vieux piano
Qui (...)
- 26 Décembre 2004 à 1h19
- ... Vais pas fermer l'oeil de la nuit. (...)
- 26 Décembre 2004 à 13h22
- Le Soleil, haut dans le ciel, semblait avoir revêtu sa robe de Lune. L'astre travesti faisant semblant de suivre mon train. En réalité, ce sont les nuages qui le fuyaient et l'Etoile demeurait immobile et ronde de lumière.
Sur mon siège bleu tacheté, des Maltesers roulaient. Puis moi, je me mordais les doigts car dans ma précipitation, j'avais oublié mon petit panneau jaune.
Allait-t-il me reconnaître? Embrasser une inconnue sur les deux joues à la française? Rougir jusqu'à l'ébullition lorsqu'elle lui (...)
