Mai 2005
- 1 Mai 2005 à 19h16
- C'est une fille d'Avril
Pauvre de moi
Une fille difficile
Elle ne veut pas
Découvrir d'un fil
Tout ce qu'elle a
Ni son cœur, ni son corps
C'est comme ça
Les filles de Janvier, on le dit
N'aiment pas garder leurs habits
Au coin du feu
Elles se prélassent
Février Mars
Voici le joli mois de Mai
Les manteaux, on les met jamais
Elles ne gardent presque rien
Quand vient le soleil de Juin
Enfin Juillet les déshabille
Mais elle...
C'est une fille d'Avril
Pauvre de moi
Une fille difficile
Elle ne veut pas
Découvrir d'un fil
Tout ce qu'elle a
Ni son cœur, ni (...)
- 2 Mai 2005 à 21h59
- Entrer dans le silence du monde, pénétrer sa lenteur. Des anges passent, dit-on, sous les soleils ardents. Leur incandescence saupoudre de taches de rousseur mon nez. Je n'aime pas vraiment ça, mais au fond qu'est-ce qui me plaît ces jours-ci? La vie succombe à la chaleur, ses saveurs semblent étouffées sous un épais brouillard... Il n'y a plus rien, je crois, à part toute cette moiteur anormale qui emplit le vide. Plus de passion, plus de peur, plus d'objectif, plus de souci, plus de joie, plus de tristesse, plus de question, (...)
- 8 Mai 2005 à 18h05
- Mercredi matin, cours annulés. Nos professeurs de gymnastique
nous baladent au coeur de la ville en attendant neuf heures.
Le ciel est menaçant et nos ventres crient famine. Quelle idée d'oublier de déjeuner...
Aux abords de la place, se trouve une table d'hôtes. J'aime bien cet endroit, il est assez chaleureux, puis on y fait de délicieuses patisseries...
Edwige, Bonbonlillion et moi nous retrouvons dans la rue, des miettes de petits pains au chocolat et de la pluie plein les cheveux.
Les autres classes de cinquième et de sixième affluent enfin devant les portes du cinéma. Et (...)
- 9 Mai 2005 à 21h04
- Hop
Hop
Hop
Je sautille allègrement sur l'asphalte humide du trottoir et mes escarpins se font brimbaler au bout de mes doigts.
Hop
Hop
Hop
J'atteins la porte et me réfugie dans la chaleur de la salle de bain.
Plouf
Plouf
Plouf
Mes pieds éclaboussent le carrelage immaculé et je sombre, un peu, dans les souvenirs de la veille.
Plouf
Plouf
Plouf
... Quel vendredi soir !
Trois petites heures toutes légères à rire avec Xavier, une traversée de la ville et la mousse, saveur pêche, au bord des lèvres.
Ensuite le resto pour l'anniversaire de Jess avec Lily et d'autres copines (...)
- 13 Mai 2005 à 22h06
- Sous la pluie autour d'une table seule un mégot entre les doigts impassible et les gens autour les gens qu'elle ne connait pas.
Peut-être suis-je une feuille fanée au crissement sourd qui s'effrite dans le vent pense-t-elle avec au bord des yeux un long sanglot étouffé.
Elle rentre avant le couché du soleil ça n'arrive jamais elle se sent frustrée oubliée délaissée elle n'a plus d'amis en réalité non ne pleure pas ça arrive.
La seule compensation peut-être est la gentillesse de Jey qui la câline un peu Ben qui répond à ses appels au secours déguisés Vincent qui l'enlève vers de (...)
- 15 Mai 2005 à 15h06
- Tu as des petites mèches presque blondes qui dansent devant ton visage et de timides boucles qui cascadent sur tes épaules vêtues de laine, couleur pistache. Tes jambes ont un peu froid sous le lin noir de ta jupe mais tu refuses que ton ami les recouvrent de son pull. Tu préfères qu'il garde ta main dans la sienne. Il te trouve jolie aujourd'hui et ta meilleure amie est du même avis. Déstabilisée par ce compliment, tu rougis, souris, et change de sujet.
Au fond, tu râles un peu. Tu aurais tellement aimé que ce soit Thibault qui pense cela. Mais il n'est pas là. Et la semaine prochaine, tu (...)
- 17 Mai 2005 à 18h06
- Au matin j'avais le regard si perdu et la contenance si morte, que ceux que j'ai rencontrés ne m'ont peut-être pas vu(e)...
(Arthur Rimbaud) (...)
- 17 Mai 2005 à 21h51
- ''Accoudé au balcon, mon brûle-gueule dans la main droite et cette fumée un peu âcre au bord des lèvres, je contemplais la scène festive qui se déroulait sous mes yeux. A l’intérieur, deux hommes semblaient faire de même tandis que la plupart exultaient. Oh ! Dieu ! J’aurais tant aimé aussi me laisser porter pas l’enthousiasme ambiant, danser, rire et boire, m’affubler ironiquement de dentelles et de cachemires, briser les glaces, les porcelaines et les cristaux, lacérer les rideaux, terrifier les princesses hautaines pour l’honneur du Peuple. Mais mon (...)
- 18 Mai 2005 à 21h00
-
S'il te plait,
Accompagne-moi là-bas, cet été.
Sous un soleil de plume.
Avec sur le dos, un maigre baluchon rempli d'amour fané.
Et dans tes gestes, toute la tendresse du monde.
J'en ai tellement envie...
Mon ange.
~
(photos de Luc Cheffert) (...)
- 21 Mai 2005 à 22h38
- Jeudi.
Un entrepôt des coups de feu des brigands des prostituées des mendiants des bourgeois malhonnêtes.
Un soupçon d'ironie de moquerie de parodie de grossièreté de mensonge de pauvreté de cruauté de pauvreté de nudité de trahison de bassesse humaine.
L'Opéra de Quat'Sous de Brecht.
Il fait froid dans cette vieille trémie désaffectée... J'aimerais tant partager cette couverture miteuse avec toi. Même si j'ignore tout te concernant, ton visage, ta voix, ton sourire. Dis-moi, qui es-tu au fait? Et pourquoi te fais-tu si discret?
Les voix se sont tues. Les applaudissements résonnent. (...)
- 21 Mai 2005 à 23h05
- (Emeraude nous a quitté peut-être vers dix-neuf heures, au bras de son amoureux, en nous couvrant de bisous et en nous remerciant pour ce joli début de soirée.)
Environ trois heures plus tard :
Ambiance ouatée, lumières tamisées, musique feutrée, coussins bleus brodés de fils d'or, tapisserie orientale et sur la table basse un narguilé au melon et un délicieux thé à la menthe. On aura mis du temps pour le trouver ce fameux café des Mille Et Une Nuits ! (Quand on pense à l'amabilité avec laquelle le serveur du Crunch <où on a quand même consommer pour vingt euro de (...)
- 25 Mai 2005 à 15h56
- Il se morfond depuis des semaines entre le réveil et la fleur de bois qui pousse sur la table de chevet, mon petit téléphone rose. Il ne chante plus et a perdu sa lueur de vie... Tout juste bon à donner l'heure.
Puis une nuit, contre toute attente, il a émis une sonnerie à la mélodie oubliée.
Toi, évidemment. Parce qu'il n'y a pas trente-six mille personnes qui m'appellent de temps à autres. De toute façon, il n'y a que tes coups de fil qui me réjouissent ainsi...
Pourtant, je ne devrais pas : ils sont toujours synonymes de problèmes. C'est soit parce que tu ne supportes que ton (...)
- 28 Mai 2005 à 22h36
- La cité ardente bouillonne et nous rasons les ombres. Suspendu dans son océan bleu, le Soleil nous envoie des rayons brûlants. L'air est presque irrespirable, que ce soit dans les ruelles ou dans les cafés.
J'agite une carte postale devant mon visage en guise d'éventail, Antoine stresse pour son concert de piano, Jey sirote son mazout et le frère de Seb se débat avec un bout de papier collant et une feuille sur laquelle il mendie un euro. Emeraude quant à elle, passe sa soirée avec ses amies de Grèce.
Vers vingt heures, Seb nous rejoindra au bord du comptoir pour boire un verre en notre (...)
- 30 Mai 2005 à 17h44
- Pour ne pas être les esclaves martyrisés de la chaleur, plongeons au beau milieu de l'océan.
Les danseuses qui incarnent les vagues ont abandonné leur écume turquoise dans les vestiaires, leurs ports de bras décrivent les ondes et le léger bruit de leurs chaussons sur le parquet tente d'imiter le clapotis de l'eau. Les coraux, adossés aux larges miroirs, observent les menées, arabesques, temps-levés, sissonnes et autres pirouettes tandis que les petites perles jouent à poisson-chat perché dans la cour. Bientôt, ce sera à leur tour de répéter. Puis nous achèverons la partie classique par le (...)
- 30 Mai 2005 à 19h05
- Au bord de l'eau, les pieds plantés dans le sable, l'écoute dans la main, la dérive et le safran sous le bras, j'observe. Les feuilles frémissent, le vent dessine sur les flots de timides vaguelettes et les très rares nuages qui constellent le bleu du ciel n'avancent quasiment pas. A vue de nez... Un ou deux Beaufort... De la gnognotte. *sourire*
Je pose mon attirail dans le bateau et aide mon père à le gréer. La grande voile et le foc hissé, on met notre Vaurien à l'eau et montons à bord... C'est dingue comme ce voilier porte bien son nom... La coque n'étant pas très étanche, nous nous (...)
