Juin 2005
- 4 Juin 2005 à 23h35
- ''Je suis ton pile, tu es mon face,
Toi mon nombril, et moi ta glace,
Tu es l'envie, et moi le geste,
Toi le citron, et moi le zeste,
Je suis le thé, tu es la tasse,
Toi la guitare, et moi la basse,
Je suis la pluie, et tu es mes gouttes,
Tu es le oui, et moi le doute,
T'es le bouquet, je suis les fleurs,
Tu es l'aorte, et moi le coeur,
Toi t'es l'instant, moi le bonheur,
Tu es le verre, je suis le vin,
Toi tu es l'herbe, et moi le joint,
Tu es le vent, j'suis la rafale,
Toi la raquette, et moi la balle,
T'es le jouet, et moi l'enfant,
T'es le vieillard, et moi le temps,
Je suis l'iris, tu (...)
- 5 Juin 2005 à 14h00
- Le week-end s'est peint en gris, en gris-ennui. Pour notre bien, paraît-il. Pour éviter la tentation des balades à travers prés et des siestes ensoleillées. Pour nous clouer aux pages de nos cahiers.
Mais ça ne me suffit pas.
Les nuages ont du charme lorsqu’ils s’entremêlent dans l’ondulation des arbres. Le vent noyé dans quelques notes de musique, est une délicieuse invitation à la danse…
Mes chaussons glissent sur les feuilles qui se sont hasardées au sol, ils les froissent, les piétinent. C’est presque jouissif d’anéantir toute cette matière (...)
- 7 Juin 2005 à 19h45
- Le paysage défile par la fenêtre de la voiture.
Les arbres, elle les voit déjà flamboyant... Fixés parcimonieusement sur une toile. Un puzzle de couleurs ocres, un lit pour la table d’harmonie usée d'un vieux violon abandonné aux fonds de grenier.
Quelques mètres plus loin, un ciel couvert. Des cymbales pour nuages et quelques coquelicots aux bords des prés. Des notes d'été capricieux. D'ici.
La pluie se dessinera au travers les cordes d'une harpe. Plus tard. Parce que la pluie, ce n'est pas gai à créer...
Et lorsque la musique cessera de danser au gré du temps, elle pliera des (...)
- 11 Juin 2005 à 19h17
- (Jeudi)
La tête dans les nuages, au dessus des nuages même, observant du coin de l'oeil Copernic, Galilée, Kepler et Newton, je m'ennuie. Puis l'atmosphère s'électrise, les symboles coulent de mon stylo, les calculs par la même occasion.
Dehors, le Soleil bat des cils.
Le Salaud.
Il sait pertinemment bien que je suis incapable de lui résister.
...
Mes cahiers à l'abandon.
Ma soeur et moi, cheveux au vent sur nos vélos.
...
Quelques minutes plus tard, à l'autre bout du village, le carillon du glacier retentit. C'est un homme très charmant... A la sensation du rose qui me (...)
- 13 Juin 2005 à 23h02
- Aujourd'hui, c'est examen oral d'anglais. A cette occasion, elle est sur son trente-et-un. Les lanières de ses escarpins étranglent doucement le nylon de ses bas et sa jupe danse malicieusement sur les petites fleurs de dentelle. Elle s'est même pliée à revêtir un austère chemisier blanc sous son sempiternel cache-cœur. Les lunettes posées sur le nez, elle paraît si sérieuse. Et tellement ennuyeuse...
Cette image "présentable", elle la vomit, comme elle vomit tout ce bourrage de crâne, et cette multitude de cachets qu'elle ingurgite chaque matin pour ne pas sombrer dans la (...)
- 14 Juin 2005 à 19h11
- Tomber sous le charme de son glacier :
un ravissement pour les papilles,
un supplice pour la ligne... (...)
- 15 Juin 2005 à 17h57
- Les draps engloutissent la peau à moitié nue. Des bribes de nuit en pleine après-midi et mon sommeil blotti dans la voix de Maximilian Hecker...
Où se cache le bouton pause?
A quand la coupure du temps courant?
...
J'ai effacé les chiffres de mon réveil. En tirant d'un coup sec sur la prise.
Ne t'arrête pas de chanter mon joli. (...)
- 19 Juin 2005 à 0h33
- Une treizaine d'heures posées sur l'oreiller pour quatre nuits.
Vendredi, après mon oral d'allemand, lorsque j'ai clos mes paupières et ensevelit mon corps sous les draps, je me suis demandée si je me réveillerais un jour...
Avec tout ce manque de sommeil, j'aurais pu jouer le remake de la Belle Au Bois Dormant, sans la chevelure dorée et le baiser du prince charmant qui me sauverait de cent ans d'endormissement...
Avec ma veine, mon prince, il est sûrement stupide au point de comprendre que c'est au terme de ce siècle, quand on serait tout les deux bien fripés et à moitié morts, qu'il (...)
- 22 Juin 2005 à 21h49
- Un théâtre.
Un couloir.
Une porte.
Une pancarte.
"Entrée interdite. Loges des artistes".
J’ai poussé la porte et pénétré dans l'effervescence pré-spectacle. Les danseuses se bousculaient devant les grands miroirs bordés d'ampoules, les maquilleuses ne savaient où donner de la tête et la prof discutait nerveusement avec les régisseurs. Je trouvais cette tension ridicule, notre ballet aurait pour seuls spectateurs nos parents... Pas de quoi se mettre la pression.
Je mordis dans une petite brioche. Puis me fis rabrouer parce qu'on ne m'a toujours pas fardée et posée mes faux (...)
- 22 Juin 2005 à 22h11
- Jeudi.
Un sans-abri a complimenté une jeune fille sur le boulevard. Je me suis dit qu'il y avait longtemps que ça ne m'était plus arrivé. En me retournant quelques secondes plus tard, j'ai constaté que j'étais la seule fille aux alentours...
Vendredi.
En sortant de la voiture, j'ai replacé d'un petit revers de la main le crépon de ma jupe au dessus de mes genoux. Deux types qui passaient par là m'ont traitée de "petite pute"... Ca aussi ça faisait longtemps, mais étonnement c'était beaucoup moins agréable bien que je n'y aie pas apporté une grande importance, le commentaire étant (...)
- 22 Juin 2005 à 22h54
- Mélancolie a deux ans aujourd'hui...
...
Ca fait beaucoup,
Et ça ne fait rien.
...
Je sais pas.
Suis juste contente d'être encore et toujours ici. (...)
- 23 Juin 2005 à 1h41
- Lundi.
Maître Soleil, sur un nuage perché,
Tenait en ses mains mille et un rayons.
Mademoiselle Lune, par la lumière attirée,
Revêtit sa plus belle robe et sortit de sa maison.
En ville, chacun était à l'affût du moindre petit carré d'ombre. Mademoiselle Lune imita la foule et s'installa à l’abri d'un feuillage, laissant le banc brûlant libre pour Simenon.
Ses amies ne tardèrent pas à la rejoindre. Sissi nus pieds sur les pavés ardents de la cité. Les autres mi-sobres, mi-enivrées. Elles se posèrent à la terrasse, loin des murs de briques nues et sirotèrent de délicieux pekêts (...)
- 26 Juin 2005 à 22h41
- Mardi resplendissait et les trop rares risées de vent faisaient onduler mes cheveux tout récemment raccourcis à chacun de mes pas. Au café, tandis que Jey endossait son nouveau rôle de serveur, Seb et Michel se délectaient de leurs boissons. Je pris place à leur côté et commandai un verre avant d'entamer une conversation parcimonieuse.
Aux alentours de quatre heures, alors que Ben s'apprêtait à passer son examen de philosophie, je lui envoyai un petit message d'encouragement au ton facétieux. Puis mes deux compagnons de comptoir m'abandonnèrent. Me trouvant certainement des airs de vieille (...)
- 26 Juin 2005 à 23h14
- Lune a des cerises derrière les oreilles, comme lorsqu'elle était petite. Du haut de son échelle, elle frissonne à chaque coup de vent, pas de froid, mais de peur de tomber. Dans le pré, les petits oisons font la course sous l'oeil protecteur du jars. Et le soleil brille.
Pourtant son humeur est morose. Beaucoup de ses amis ont désormais fini leurs humanités et elle ne sait pas si elle les reverra encore. Puis il y a neuf doublants en cinquième cette année. Dont Mary. Elle change donc d'école. Ainsi que Sissi. Et Anastasia aussi puisqu'elle triple.
Le groupe des six est disloqué. Ca valait (...)
- 27 Juin 2005 à 17h05
- J'ai ma réussite entre les doigts, mon aller simple pour la rhéto, avec pour seul désagrégement la présence de cet impérissable contrôleur de passeport mathématique au bout du quai des vacances...
...
Dans les couloirs, j'ai croisé le regard de Sophie. Et évité comme toujours celui d'Anna.
Cinq mois que cette ignorance dure...
J'ai fait la bise à la première, puis j'allais passer mon chemin quand... J'ai craqué et pris Anna dans mes bras. J'en avais marre de lui râler dessus, c'est tellement stupide finalement, tout ce gâchis pour un garçon. Des larmes de soulagement ont ruisselé le (...)
- 30 Juin 2005 à 2h53
- Je ne t'avais pas raconté...
Approche.
Et ferme les yeux.
...
Nous sommes dans le train, entre deux wagons, avec tant de gens... Bientôt, nous descendrons sur les quais de la gare d'Ostende. Ostende n'est pas vraiment belle, c'est le port, l'odeur des poissons, les rues bétonnées et la mer comme partout ailleurs sur la côte belge. Mais le soleil, le doux vent d'ouest, le bruit du ressac des flots mêlé aux rires de nos amis, la rend charmante à sa façon.
Nos sacs sont vautrés sur les lits de notre auberge et nos pieds baignent dans les vagues. Dix-huit serviettes à l'abandon sur le (...)
- 30 Juin 2005 à 23h42
- (Je pose des souvenirs à retardement dans les caves de mon journal... C'est grave docteur?)
Les rues raisonnaient, la ville dansait et l'alcool coulait à flot samedi passé. Des gens partout, venus des quatre coins du pays, voire de plus loin, affublés de tenues farfelues. C'était les chaussures compensées et les bottes en fourrure qui frappaient le sol et les bikinis aux couleurs criardes qui dansaient sous la pluie de paillettes.
Thibault espérait me voir à moitié nue sur un de ces chars de la City Parade... J'avais déjà surmonté mon aversion pour la techno en accompagnant Bonbonlillion, (...)
