Août 2005
- 1 Août 2005 à 23h05
- Elle ne parle jamais de lui, ou si peu. Comme s'il n'existait pas. Pourtant, elle en a passées des soirées à lui laisser des petits post-it sur la toile...
Ca ne compte pas.
Il est la petite tête rousse qui dépasse à peine du troupeau de beaux-parleurs qui peuplent le monde. Son temps libre, il le passe à radoter ses jolies rimes à toutes celles qui manifestent un peu de sympathie à son égard. Puis de ballades en sonnets, de rondeaux en virelais, il se hasarde à quelques allusions de mauvais goût et se perd dans ses délires fantasmatiques. Mais jamais il ne semble penser la moitié de ce (...)
- 1 Août 2005 à 23h36
- Parfois, les jours de vent, elle descendait à travers le parc jusqu'au lac, et restait pendant des heures, sur le bord, à regarder la surface de l'eau se rider en formant des figures imprévisibles qui brillaient au hasard, dans toutes les directions. De vent, il n'y en avait qu'un seul : mais sur ce miroir d'eau, on aurait dit qu'ils étaient mille, à souffler. De partout. Un spectacle. Inexplicable et léger.
Parfois, les jours de vent, Lune descendait jusqu'au lac et passait des heures à le regarder, parce qu'elle semblait voir, dessiné sur l'eau, le spectacle léger, et inexplicable, (...)
- 5 Août 2005 à 0h41
- Dans les livres d'images pour "grands", on l'a tous déjà vu des centaines de fois, ce gros champignon de cendres et de lumière. Il glisse sous nos yeux tout comme les corps calcinés. Et sur le papier glacé, la souffrance, la détresse et la mort paraissent banalité. Les journaux et les bouquins les ont figés laissant entendre qu'ils appartiennent au passé, et que le passé n'est plus.
Puis quand les clichés s'agitent et reprennent vie, les larmes coulent devant l'horreur.
...
Pas besoin de retourner soixante ans en arrière, ou de chercher le bout du monde. Des milliers de personnes meurent (...)
- 15 Août 2005 à 14h08
- Il a le visage magnifiquement expressif, d'adorables fossettes, de jolis iris bleus, une sensibilité à fleur de mots et un prénom de bon augure. Il est de ceux qu'on admire du coin de l'oeil, sans oser leur adresser la parole. Il semble trop bien, trop beau.
Et puis un jour, grâce à une photographie flouée de pin-up*, c'est lui qui frappe à la porte de mon coeur. Il frappe si fort que celui-ci tambourine encore à l'heure qu'il est.
Bientôt, nous nous (re)trouverons.
Bientôt est imprécis.
Un pays nous sépare. Le mien. Encore.
...
*
(...)
- 16 Août 2005 à 0h50
- J'aimerais y croire, moi.
A nous deux.
Même si cela semble si (...) (...)
- 16 Août 2005 à 21h53
- Nos routes se croisèrent sans hasard à Bruxelles, gare centrale. L'endroit presque inconnu nous figea quelques instants. Puis, je pris soudainement ta main pour t'emmener par delà les rues.
Cette maison aux briques claires, nous avons du la voir plus d'une fois. Nous étions perdus. Et nous ne nous en soucions pas le moins du monde.
Tu me contas des histoires muettes pour que jamais le sourire ne quitte le chemin de mes lèvres et je fis des ricochets avec tes paroles pour que tes yeux brillent de plus bel.
Au bout de l'avenue, le vent se fit violence et nous coupa le souffle. Il (...)
- 17 Août 2005 à 14h27
- J'ai passé tant de nuits à briller sous mille soleils
A butiner les fleurs de ma bohème
Et pour rien au monde, je n’changerais le goût de ce miel
Mais voilà, vous me posez un sérieux problème
Non pas que vous ayez changé la couleur de mon ciel
Mais les choses aujourd'hui ne sont plus les mêmes
Et c'est non sans regret que j'ai eu vent de la nouvelle.
Une information à mettre au conditionnel,
Mais il semblerait bien que je vous aime.
Et même si la rumeur se fait de plus en plus belle
Et qu'elle crie sous mon toit que vous êtes une crème
S'il devient évident que vous (...)
- 18 Août 2005 à 15h45
- Hier, c'était l'été, les coquelicots aux bords des prés et les meules de paille dans les champs. J'ai posé mon vieil appareil argentique dans une sacoche et je suis montée sur la selle de mon vélo. Le Soleil m'enveloppait d'une douceur qui s'est faite tellement rare cette année, et le vent, comme à son habitude, jouait à cache-cache dans mes cheveux. Je me suis arrêtée sur les sentiers de terre pour photographier le ciel maculé d'ouate, les blés d'or fauchés, les murets vêtus de mousse, les arrêts de bus rouillés et les cadenas et autres verrous des vieilles chaumières.
J'ai toujours aimé (...)
- 22 Août 2005 à 22h33
- De l'uniformité de la ville, se découpe un bâtiment rouge et blanc. A l'intérieur : tout le gris du ciel, d'immenses serpents de béton qui s'enlacent et les vrombissements des karts qui les piétinent.
Mes cheveux sentent l'Ultra Doux de Garnier au henné et vinaigre de mûres mêlé à une légère odeur d'essence.
Et sur la table de la cafétéria, les feuilles stipulant les temps de Mélissa et les miens se font dorer sous les soleils des lampes basses. Elles se racontent que pour une première fois, j'ai bien roulé puisque j'ai réussi à suivre ma soeur qui en fait depuis plus de trois ans. (...)
- 22 Août 2005 à 22h54
- Si l'été a déjà repris la poudre d'escampette en direction de derrière l'horizon, il perdure encore un peu au fond de mon iris. Le Soleil se prélasse sur un ciel immensément bleu, juste au dessus d'une étendue de terre. Et parfois, non par narcissisme mais plutôt pour fuir la grisaille, je me perdrais volontiers dans mon propre regard...
(...)
- 25 Août 2005 à 1h23
- (Et quand tout semble devenir incroyablement irréaliste, il y a des mots d'une simplicité exquise qui rassurent et nous chuchotent que non, ce n'est pas du jeu, nos envies sont sincèrement les mêmes. )
Tu sais, il faut que je te dise un truc parce qu'en entre nous ça part quand même bien...
En fait, je suis sorti avec une fille il y a deux semaines, un soir...
Au moment où toi et moi on commençait juste à parler...
Depuis je n'ai pas de nouvelles d'elle ou si peu... Et je la verrai peut-être d'ici peu...
Je compte la quitter ou plutôt lui dire que ce n'est pas la peine...
Mais bon, (...)
- 30 Août 2005 à 3h03
- Lorsque par son silence, Axel m'avait apprit qu'il ne tiendrait sa promesse et ne m'accompagnerait pas à Esperanzah, je m'étais dite que c'était fichu pour cette année.
J'avais raison.
Et j'avais tort.
Oui, je m'étais trompée car contre toute attente, je me suis quand même rendue au festival. Avec Bonbonlillion puisqu'à l'inverse de Xavier, Emeraude, Franck, Lily, Jess, Mary et Jey, elle a accepté mon invitation avec enthousiasme malgré que les musiques du monde n'aient pas sa préférence.
Oui, j'avais raison parce que même si j'adore mon amie, dans mes rêves, c'est avec Axel que je (...)
