Janvier 2006
- 2 Janvier 2006 à 1h19
- Lundi, 19 décembre 2005.
Point final. Une longue session d'examens venait de se terminer. La liesse, comme une éclaircie après l'orage, pointait dans nos coeur. Mais il fallait la contenir car l'heure n'était pas encore à la fête. Ou du moins, pas pour moi : je devais me rendre à l'enterrement de mon arrière-grande-tante. Alors tandis que mes amis se dirigeaient vers le centre ville, j'attendais avec Mélissa l'arrivée de maman au volant de notre voiture.
Que de difficultés on a éprouvé à rester sérieuses au funérarium, lors de la messe (surtout, notre envie de rire étant accentuée par (...)
- 3 Janvier 2006 à 3h20
- Mardi, 20 décembre 2005.
Sept heures trente. Le réveil lacéra subitement la nuit. Allongé sur le côté, sa tête posée dans la paume de sa main, Mathéo contemplait la fatigue qui s'échappait doucement de mes yeux et mes étirements intempestifs, un sourire au bord des lèvres. Il n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Parce que je suis belle quand je dors. Selon lui.
Il s'est approché de moi pour quémander ses miettes de tendresse matinale et après une demi heure, s'est résolu à aller se laver, s'habiller et boire sa tasse de café.
(A ce propos, petite parenthèse : il ne boit que dans des (...)
- 4 Janvier 2006 à 1h17
- Jeudi, 22 décembre 2005.
Un instant infime, tellement succinct et si délicieux en même temps.
Nous sommes accoudés au bar Jey, Thibault, Franck, Mathéo, d'autres personnes et moi. Les deux premiers conversent ensemble tandis que Mathéo relate aux autres ses facilités à s'endormir lorsqu'il le désire. Il tient à peu près ces propos :
"Je peux m'endormir quand bon me semble quand j'ai besoin de repos, il suffit que je ferme les yeux et quelques minutes plus tard, voilà. Il n'y a que lorsque mademoiselle vient à la maison que je ne parviens pas à fermer l'oeil de la nuit."
Brusque (...)
- 4 Janvier 2006 à 3h12
- Vendredi, 23 décembre 2005.
(Midi). Un sourire béat se lit sur mon visage. Ce genre d'expression un peu niaise que l'on affiche lorsqu'on a entre les mains un incroyablement beau bulletin par exemple. Oui, j'ai réussi mes examens. (Mis à part celui de biologie que nous passerons sous silence). Même math, avec un miraculeux 50%.
Pour me récompenser de mes fructueux efforts, maman a accepté de m'acheter la jolie veste que j'avais regardée avec envie lors des emplettes de la veille en compagnie de Bonbonlillion. Une folie, nécessaire. L'élégance repliée dans le sachet de papier bleu, j'ai (...)
- 5 Janvier 2006 à 2h21
- Lundi, 26 décembre 2005.
C'est un vieux train qui m'emmène vers toi. Tu sais, ceux dont les banquettes sont en fer recouvert de cuir. Inconfort et lenteur. Le néon de mon wagon crépite de temps à autre pour se mêler aux grincements de source inconnue. En opposition à ce vacarme, le paysage a fait voeu de silence. Peut-être n'est-ce qu'une coïncidence mais lorsque je te rends visite, les flocons tombent toujours sur le pays. Tu es la neige de mon hiver. Le ravisseur de la place de Thibault. Ou presque.
Gare centrale, je m'égare. Je trouve la bouche de métro correcte mais monte dans le (...)
- 5 Janvier 2006 à 2h41
- - Bonjour euh, vous me reconnaissez, c'est moi Shen Loris !
Vous avez pu m'apercevoir dans des films comme «La fureur du dragon» ou encore dans des autres films où je frappais des petits Thaïlandais qui m'avaient rien fait du tout...
- ... Bonjour et moi c'est Katia !
Vous avez déjà pu m'apercevoir à la place Clichy...
Alors Shen, comment ça va aujourd'hui ?
- Ben moi j'ai la formeeee, je peux déplacer des... des montagnes !!
- (ho la la la)
- Ou... des bichons ! C’est des p'tites biches...
- Roh mais Shen d'où vous vient toujours cette énergie (...)
- 6 Janvier 2006 à 4h57
- Dehors, le froid. Et la neige qui s'abat sur la ville.
Dedans, le bruit. Et les rires qui lézardent les murs.
Les lumières du café sont tamisées. Et la musique criblée.
Au bout de ses doigts, une Philip Morris joue aux funambules.
La fumée danse, vole, virevolte, trésaille, s'évanouit et agonise.
Son coude est posé sur le bois humide du comptoir, juste à côté du téléphone qui fait office de montre.
Vendr., 30/12/2005, 19h15.
Il est en retard.
Elle pense alors au temps qu'elle a prit pour se pomponner, à ses paupières qu'elle a doucement fardées et à ses lèvres qu'elle a peinturlurées (...)
- 15 Janvier 2006 à 23h23
- Vendredi, des je t'aime au creux de mon oreille. Des je t'aime soliloques car je ne te mentirai pas à ce propos mon coeur. Ce vendredi, la distance imposée d'elle-même, après les yeux charmeurs d'Oliver et les approches surprenantes d'Arnaud. Le regard ailleurs, l'attention pas si loin. Sur le tabouret suivant, celui de Thibault. Et l'évidence : Je suis avec toi parce que je ne peux pas me blottir dans ses bras à lui. Mais tu ne lui arrives pas à la cheville. Adrien compense, un peu. Cette réalité est atroce. Le réveil d'un mauvais rêve qui me pousse à fuir dans le froid de la soirée. (...)
- 22 Janvier 2006 à 1h55
- De la peinture plein les mains, des bouts de scotch agrippés à ma vieille chemise maculée et l'esprit anesthésié par les émanations de solvants. La fancy-fair approche et l'école se pare peu à peu de ses jolis décors de fête. Les pseudos comédiens et les répétitions confèrent à l'établissement une atmosphère artistique des plus charmantes (...Bien que certains numéros soient totalement inesthétiques ou ridicules).
Toute cette animation me ferait presque oublier ma toute récente rupture avec Mathéo. Deux mois et des poussières envolés en quelques secondes... Comme quoi, mes pressentiments ne (...)
- 22 Janvier 2006 à 22h39
- A peine suis-je toujours en train de tourner la page sur Mathéo que la sonnerie de mon téléphone retentit déjà au fond de mon sac. Steven. Qui désire savoir si je me rendrai à la soirée du 28 et si je suis toujours avec mon copain. Il y en a qui sont tenaces...
La dernière fois que je l'ai vu, c'était au nouvel an. Entre pas de danse, verres d'alcool, plaisanteries entre amies, fumée de cigarettes et de joints, décompte annuel, cotillons et serpentins imaginaires, il s'est agenouillé au beau milieu de la piste de danse pour que j'accepte de lui parler un court instant.
Ce garçon est fou. (...)
- 30 Janvier 2006 à 21h57
- Durant la semaine qui vient de s'écouler, des tirades de Dom Juan dansaient aux bords de mes lèvres, de la colle mêlait mes cheveux, de la peinture tachait le bout de nos doigts et des crayons retenaient mon chignon.
Nous avons passés de beaux instants avec l'équipe décors et il nous en reste encore une multitude à vivre durant cette semaine.
Avec Olivier, nous créons, en vis-à-vis de nos superbes paysages, des choses inutiles mais terriblement design pour vendre à des centaines d'euro afin de nous enrichir d'avantage avant de gagner à l'EuroMillion et de nous installer dans un splendide (...)
