Par un froid de papier...

Mars 2006

Infinitifs.

1 Mars 2006 à 1h45
Le retrouver à l'abri de la neige sous mon parapluie vert. Laisser s'évanouir une partie de mes craintes lorsqu'il m'embrasse. Sourire quand sa main se glisse dans la mienne avant que nous nous engagions dans la ruelle en pente. Lui voler un baiser quand nos souffles sont un peu courts. Monter les marches de l'immeuble quatre à quatre. Le débarrasser de son bonnet humide et froid. Nous allonger sur son lit pour fumer un tabac trop sec. Ecouter du jazz et la voix de Camille, qui en fin de compte ressemble plus à la mienne que celle de Clarika. Discuter de son carnaval, de mes travaux de (...)

... Lo lume era di sotto della luna.

4 Mars 2006 à 19h39
Jeudi. Je referme la quatrième de couverture sur le récit de Primo Lévi. Elle soufflette imperceptiblement les trois cents vingt pages qui la précèdent comme les atrocités d'Auschwitz me giflent aux larmes. On a beau connaître l'Histoire, les témoignages n'ont rien de comparable aux résumés scolaires bien assis. Surtout lorsqu'on les ingurgite sans précaution ni interruption. Dehors la neige tombe à gros flocons. Plus une émeute qu'un ballet sur la Danse Macabre de Saint-Saëns. Ou peut-être est-ce juste mes lectures qui me donnent cette impression... L'horloge annonce l'approche des (...)

La neige ne tombe pas à Liège : elle fond.

7 Mars 2006 à 19h57
Une main qui frôle mes hanches, un baiser sur ma joue, le sourire d'Arnaud, prélude aux récits des sports d'hivers d'Edwige, aux rêves de fauteuil design d'Olivier, aux soirées de Bonbonlillion, aux devoirs des autres... Le retour aux cours, en douceur, en heures de fourches. Et un temps de midi ponctué de discussions exaltées avec Jenn et Romane. Pour principal sujet, le concert de Raphaël auquel nous avons assisté vendredi chacune de notre côté de la salle. Nous partageons notre ferveur encore resplandissante. Sa voix, unique. Ses accords, renouvelés. Ses musiciens, inoubliables. Ses (...)

La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer.

8 Mars 2006 à 17h42
Sous nos parapluies colorés, Bonbonlillion et moi avons été chassées par les intempéries au Palais des Congrès. Là-bas, se déroule le salon d'orientation du SIEP. Au départ, c'était un peu confus et le disparate des stands des différentes écoles supérieures et universités nous donnait le tournis. Heureusement, cette sensation nous a quitté assez tôt. Bonbonlillion cherchait des informations sur les mathématiques ou la gestion. De mon côté, je tentais de confirmer mon éventuelle vocation. C'est ainsi que je me suis rendue d'abord à Saint Luc pour me confirmer que leurs programmes ne me (...)

Arrêtons le temps. (1)

12 Mars 2006 à 21h02
Le temps s’écoule un peu beaucoup à pas de géant à tout allure à perdre haleine. |PAUSE| Je le remonte. Première escale, jeudi. Lorsque la cloche a sonné la fin de l’heure de cours et de la journée (mon prof d’allemand étant absent), j’ai mis un terme à mon examen partiel. J’avais toujours ce mal de tête lancinant qui m’avait distrait durant tout son déroulement et ces atroces nausées. En rendant ma copie, j’ai osé espérer en récolter au moins la moitié des points. Puis je suis descendue à la cafétéria où j’ai attendu, en (...)

Arrêtons le temps. (2)

12 Mars 2006 à 23h50
Deuxième escale, vendredi. Après les cours, je me suis dirigée vers le centre ville. En face du cinéma, j'ai croisé Mary, Anastasia (et Romane) qui attendaient Hélène et d'autres amis. Puisque je devais également patienter avant la venue de Lily, je leur ai tenu compagnie. Elles m'ont raconté leurs vacances et à côté de leur fabuleux souvenirs enneigés, je n'avais guère grand chose à répliquer. Je leur ai donc annoncé que j'étais à nouveau avec Jean-Charles mais elles le savaient déjà grâce à Edwige. Mary a alors enchaîné sur le fait que cette dernière avait une soirée avec son ex à elle ce (...)

Une colère chiffonée.

13 Mars 2006 à 21h45
Dans un peu plus d'une semaine, nous, rhétoriciens, célèbrerons nos cents jours. Plus qu'une poignée négligeable d'instants à vivre dans ce bunker qu'est notre lycée. Enoncer ce décompte, c'est comme formuler une incantation remplie de promesses pour l'avenir. L'évènement se veut donc formidable. Pourtant, pas de petits plats dans les grands. Un sobre barbecue (après notre partiel de chimie, espérons avoir de l'appétit) en guise de dîner, suivi d'une prévisible orgie de boissons jusqu'au petit matin pour les plus tenaces d'entre nous. Le tout vêtus de l'uniforme de circonstance. Et voici (...)

Si haut qu'on monte, on finit toujours par des cendres.

16 Mars 2006 à 0h53
... Au retour de mes pérégrinations photographique à travers la ville, les sourires que m'avaient dessiné les enfants, le saxophoniste et les détails architecturaux cocasses se sont évanouis en quelques mots à peine. "Le problème, tu vois, c'est que tu ne peux pas accepter que je disparaisse. On ne peut tuer les fantômes... Car le fantôme, c'est moi! Vaut mieux arrêter ça." Je suis restée pantoise une fraction de seconde, ou une éternité, peu importe. Puis une larme a roulé le long de ma joue. En tentant d'interrompre sa course, j'en ai entraîné de nouvelles dans son sillon, et bientôt (...)

Parce que le silence ne peut suffire...

17 Mars 2006 à 0h13
(... Si on désire éviter de tomber dans le puit de l'ignorance réciproque.) "Tu as sans doute raison. Et je ne t’en veux pas. Enfin si, un peu, moins que hier, plus que demain, mais pas davantage qu’à moi. Je finirai bien par me faire une raison... (Se/Me) mentir, de toute façon, n’aurait pas mené à grand-chose. Cela dit, que tu sois un fantôme ou non, j’espère juste que tu ne seras pas assez rustre pour souhaiter te rendre invisible lorsqu’on se croisera. Il faudra que je te rende ton livre un de ces jours, d’ailleurs... Bonne nuit." (...)

Toccata en mi mineur.

17 Mars 2006 à 23h33
La peau de mon visage tiraille toujours un peu des larmes qui l'ont recouverte. Je n'ai pas tant pleuré pourtant. Juste en fin d'après-midi, au moment de me retrouver seule avec mes pensées. Mais avant seize heures, je n'en ai heureusement pas eu l'occasion. C'était la journée de solidarité Roumanie. Une de plus. Mais différente en ce sens que, puisque nous sommes désormais en rhéto (nous avons reçu nos t-shirts qui finalement ne sont plus si terribles), nous étions chargé de son organisation. Au matin, les classes de la première à la cinquième se sont succédées dans nos activités dans le (...)

CyberPunk.

22 Mars 2006 à 20h15
Samedi, 19h40 : Arrivée à la gare. Mon train ne part que dans dix-huit minutes, je suis rarement autant en avance. Mais lorsque je descends de la voiture, je me rends compte que j'ai oublié nos préventes à Eva et à moi. Et c'est l'angoisse. En vingt minutes, il m'est impossible de retourner à la maison et de revenir à temps pour attraper mon train, je ne peux absolument pas prendre le prochain qui arriverait bien trop tard et je refuse de payer une seconde fois l'entrée. L'impasse, en somme. Heureusement maman pense à papy. Il pourrait me les apporter. Je lui téléphone donc et attends (...)

Le prochain...

22 Mars 2006 à 20h18
Aim’ra-t-il le bruit du vent Se tiendra-t-il bien à table De quelle couleur ses sous-vêtements Sera-t-il imposable Aura-t-il un avis sur tout Un idéal humanitaire Sera-t-il un p’tit peu jaloux Pliera-t-il bien ses affaires Aura-t-il peur de la guerre Sera-t-il souvent malade Aim’ra-t-il beaucoup sa mère Est-ce qu’il laissera sa salade Dans mon jeu d’cartes Ma destinée Qui vais-je tirer Qui vais-je tirer L’as des as, un roi Un valet Qui vais-je tirer Qui vais-je tirer Pique, trèfle, carreau, cœur Lira-t-il Proust et (...)

Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu.

22 Mars 2006 à 22h49
Au bord de mon miroir, un coucher de Soleil jouait les funambules. Derrière lui, se cachaient vagues et tourbillons d'encre bleue : les mots de Ben, spontanés, attentionnés, attendrissants. Il y a quelques semaines, je me suis résignée à ôter tout cela. Les lettres fanées n'ont leur place que dans la boite poussiéreuse aux souvenirs flétris. Point. Pense-t-il encore à moi? Se souvient-il seulement m'avoir envoyé ses sensations de la Grèce? J'en doute. Et si, selon Twain, dans le doute, nul ne désespère, ce n'est pas mon cas. L'espoir, j'en fais des confettis et souffle dessus pour (...)

100 jours.

27 Mars 2006 à 1h58
Oublié, le partiel de chimie. Il est midi à présent et la musique retentit dans la cour de récréation. Les saucisses crépitent au dessus du feu et les bulles de Coca-Cola pétillent dans les gobelets en plastique. Pour l'ensemble des rhétos, l'humeur est à la fête. On rit, on danse, on mange, on boit. Et lorsque le barbecue touche à sa fin et que la cour et le local où nous mangions sont remis en ordre, il est déjà 13h30. Nous sortons donc, en liesse, du lycée avec la ferme intention de fêter comme il se doit ces derniers 100 jours à passer dans cette prison. Après être passé à la banque, (...)

Bref.

28 Mars 2006 à 23h35
Les maux et la fatigue m’assaillent. Quatre jours de travail autour de notre TFE. Et les nuits, recueil de nos secrets chuchotés, de bouche à oreilles, entre Edwige, Oliver et moi. Dès juillet, qu'on ne me parle plus jamais d'éoliennes. (...)