Par un froid de papier...

Août 2006

Mille quatre cents quatre-vingt huit virgule soixante huit.

5 Août 2006 à 17h16
Les adultes ont le gris de l'automne dans leurs yeux. Toute l'année. Et je sais pourquoi... Dans un peu moins d'un mois, je leur ressemblerai peut-être. Un peu. Mes journées ne sont plus qu'encodage de factures et d'ordres de commande. Tout le temps. Du matin au soir. De huit heures à seize heures trente. Et je n'ai qu'une demi heure de pause pour midi. Une demi heure toute aussi lassante que celles passées devant l'austérité de mon écran d'ordinateur. Les autres étudiants sont peu volubiles. J'ai à peine échangé quelques mots avec Emilie, la fille d'un ami de mon père, et pas beaucoup (...)

Vol 93.

5 Août 2006 à 23h30
... Parce que le journal télévisé ne nous avait pas montré l'essentiel - les crashes et les morts n'étant pourtant pas l'accessoire, bien sûr - parce que le courage n'avait pas été assez bruyamment relaté. L'histoire de onze septembre deux mille un, tout le monde la connaît. Quatre avions détournés par des terroristes afin d'être crashés à New York et à Washington. Trois qui atteindront leur cible. Pas le vol 93. Ce comment du pourquoi. La rébellion des passagers. Leur sacrifice pour éviter le crash sur la Maison Blanche. C'est con, mais même en connaissant la fin, on avait d'y (...)

Impair.

6 Août 2006 à 20h59
Vendredi soir, lumières tamisées, et une conversation qui se perd dans les brumes de cigarettes. Arnaud et moi. La musique qui va trop fort. Par bonheur. Mathéo fait irruption dans le café et pose son bonjour sur ma joue, passe son chemin. Je le présente à mi-mots à Arnaud. Et ce dernier qui s'exclame haut et fort : "Ah c'est avec lui que tu as trompé Adrien!!". Ma main se précipite vers ses lèvres et mon index se rue sur ma bouche. Confusion. Inversion des rôles. Et je voudrais disparaître, ou juste être un acarien à cet instant... Je me retourne vers Mathéo, puis vers les autres. (...)

Je joue...

7 Août 2006 à 22h03
avec le feu... ... Ca ne durera pas. (...)

A small, rustic, shady and simple road whish doesn't want to attract attention.*

9 Août 2006 à 22h16
Durant la journée, des cafés au lait extra sucré encore, des factures toujours. Et des rires en plus... A la cafétéria, et même au bureau. Du fond de la pièce, résonne de temps à autre la voix d'un de mes collègues. (Elle ressemble à celle de Mr l'Educateur...) Ses mains tremblent lorsqu'il m'explique les encodages sur Excel. C'est touchant. ... J'aime les gens de cette boîte. Tous souriant, mais pas pour du faux. Des bonjours, des bisous, à la croisée des couloirs, entre deux étages. Il y a les personnes de mon bureau donc. Le monsieur nerveux, le jeune papa et mon énigmatique (...)

Confus léger fondant sucré.

10 Août 2006 à 22h57
En sortant de la salle obscure où se trouvaient quelques minutes auparavant Johnny et Tête de Poulpe, la chair de poule a prit d'assaut, ma peau et celle d'Arnaud. Un mois d'août au visage émacié que l'on peinturlure de rires, de bonbons multicolores, de pécheresses et de courses à travers les ruelles sales. Il n'y a pas grand chose à écrire, tout se lit dans le pétillement de nos yeux. Lui, Oli et moi, je suis sûre que ce n'est pas que de la poudre dans ceux-ci, ce genre d'amitié un peu légère et si fragile. ... Mais au fond, je dis peut-être cela uniquement parce que septembre (...)

Je te crierai sans bruit.

13 Août 2006 à 23h46
Retardataire, à son habitude. Je patiente dans le hall de la gare, mon argentique entre les mains, les yeux rivés au sol. Un défilé de chaussures sous ceux-ci. Des jaunes. Je redresse la tête, balaie du regard le jeans, le bas de la veste, le sac à dos, les cheveux et reconnait Olivier. En compagnie de son Olivier et du meilleur ami de ce dernier. Je m’avance vers eux. Présentations. Et évidemment, Oli n’en rate pas une : au meilleur ami qui me prévient qu’il est barjot, il rétorque que je suis nympho. (Un jour, moi aussi, je l’embarrasserai...) Bref, sinon, son (...)

Portes ouvertes.

16 Août 2006 à 23h33
Un jour, je jouerai franc jeu. Je serai aux yeux de tous cette jeune fille dépravée, qui boit, qui fume, qui baise, que mon père avant giflé un soir d'hiver. Les gens me fuiront peut-être, ou pas. (Parce qu'au fond, c'est tellement banal...). De toute façon, s'ils veulent le faire, ils le feront, tôt ou tard... Puisque la vérité éclate toujours. Hier, c'était Axel. Demain, Pierre? Mathéo? Matthieu? Benoît? Je n'en sais rien. Et je m'en fiche... Trop peu. N'empêche, c'est ainsi, le mal est fait. J'ai été stupide, je le suis encore et je le serai toujours. Se confondre en excuses, ça (...)

Un soir d'été.

18 Août 2006 à 21h17
Hier, l'été retrouvé. Quoiqu'un peu timide. J'ai passé la journée les yeux rivés sur les rares nuages, à travers les vitres trop propres du bureau, et l'ouïe concentrée sur les annonces météorologiques, en espérant que les prévisions défavorables seraient erronées. À 16h30 précises, j'ai replié mes affaires et dévalé les escaliers pour rejoindre mon père. Nous avons chargé Arnaud aux alentours de la gare. Direction : Hasselt, Kiewit. Le trajet m'a semblé bien moins long que lorsque nous allons naviguer... Le temps passe plus vite quand on s'amuse, ça doit être cela. Après avoir (...)

Une larme fusée fiancée au passé.

22 Août 2006 à 0h37
Hier, la nuit dégringolait comme les larmes sur mon coussin. Des angoisses que l'on tente d'étouffer dans le sommeil. Et s'endormir, on ne sait comment. Au réveil, sentir la douleur qui s'éveille en même temps que le jour. J'ouvre mes mains. Sur mes paumes sont imprimées les empreintes de mes ongles. J'ai passé la nuit les poings serrés de peur. Et même si je ne m'en souviens pas, je sais que j'ai cauchemardé de Bruxelles. Un mauvais pressentiment coure sur mes talons. Parce que c'est trop tôt. Demain, congé, tailler la route vers la capitale. Pour savoir dans quelle école je suis prise. (...)

Géométrique.

23 Août 2006 à 1h02
Entre le rond et le carré. Je me sens informe ces jours-ci. Des jours qui durent depuis des semaines. Je me camoufle de jour, je me cache de nuit. Je me fais fuir. A minuit, je souffle les bougies histoire de savoir qui de moi ou des monstres qui se terrent sous mon lit sont les plus effrayants. Des idioties de gamine. Concernant cela, je ne grandirai certainement jamais. Et les soirées semblables à celles du 16, après mon entrevue avec les Olivier, où Luc et tous les hommes accoudés au zinc me complimentaient n'y feront rien. Juste un sourire éphémère et un peu de rose aux joues. ... Je (...)

L'inespéré.

23 Août 2006 à 20h33
Klaxon. Je dévale les escaliers, mon sac à l'épaule, mes ballerines sous le bras, mes révisions entre les lèvres, et un élastique au bout des doigts, qui essaie tant bien que mal de retenir mes cheveux. J'ouvre mon sac, fourre tout dedans, plumier comme tartines, et sors de la maison à la hâte. Je m'engouffre dans la voiture. Onze heures, le temps presse. Clôture des inscriptions à 13 heures. Et il faut une heure et demi pour rejoindre Bruxelles. Le stress, alors, dans la voiture. On se rassure comme on peut. Si je n'ai ni l'IHECS, ni l'ISFSC, il me restera toujours l'ULB. Oui, mais... On (...)

Sous les mots, les larmes.

24 Août 2006 à 0h46
Assise, nue, sur les pavés froids, Radiohead au creux des oreilles et des larmes qui roulent, qui roulent, qui roulent, des yeux aux genoux. Ce soir, j'ai cru que j'allais perdre Pierre. (Hier, je pensais que ce serait Adrien). Cette peur de l'abandon, encore, tenace. Mais il aurait pu être justifié, cette fois... Je le critique trop. Invivable et impitoyable, je traque et pointe du doigt le moindre de ses défauts. Perfectionniste, au delà des permissions. Je n'ai pas le droit de lui imposer le même traitement que celui auquel je me soumets. Un appel dans la nuit pour tout clarifier. Pour (...)

On se retrouve juste après... ça.

30 Août 2006 à 19h03
(...)

Always one foot on the ground.

30 Août 2006 à 22h28
Les nuages, le vent et les trop rares éclaircies. Mes doigts ligotés aux siens et nos empreintes dans la boue. Sous nos pieds, le plus petit festival qu'il m'ait été donné de voir. Le 100% Rock Festival d'Hannut. Presque attendrissant dans sa désertion et son silence. Un silence brisé par le début des festivités vers quatorze heures. Deux groupes de la région pour commencer : Jackrabbit et 109. Pas ma tasse de thé. C'est ensuite que les choses sérieuses commencèrent. La foule a afflué, puis... My Little Cheap Dictaphone, (Yel - que j'aurais du classer avec les deux premiers), Eté 67, (...)